Située au centre du cimetière, à mi-chemin de l′entrée de l′enclos et du bras
nord du transept de l′église Saint-Iltud, cette croix monumentale a été érigée à
l′occasion d′une
missionLa mission est un temps fort de l′évangélisation.
Il s′agit ici d′une mission parroissiale, c′est-à-dire un moment d′évangélisation
organisée et dirigée par des clercs à destination des paroissiens de Coadout. en 1864. Oeuvre du
sculpteur lannionnais Yves Hernot, dont la production irrigua massivement les villes et les campagnes bretonnes au cours de la
2ème moitié du XIXème siècle et du 1er quart du XXème
siècle, elle fut érigée à l′initiative du recteur et du maire de Coadout.
A l′instar de nombreuses croix de cimetière et de croix monumentales exécutées dans la région
à cette époque, l′édiculeOeuvre architecturale
ou construction autonome, de dimensions modestes et non habitable. porte en effet, outre une inscription
commémorative, la signature du maître-d′oeuvreCelui qui
conçoit et dirige la construction d′un édifice (architecte, entrepreneur, etc.) et les noms des
commanditairesLe commanditaire est celui qui passe commande d′une
oeuvre auprès du maître-d′oeuvre (architecte, entrepreneur, etc.). Le regard dirigé sur le
socle, en faisant le tour de la croix dans le sens contraire des aiguilles d′une montre, le visiteur aura ainsi tout le
loisir de relever les inscriptions suivantes au départ de la face antérieure :
CROIX DE
MISSION
1864
-
M. MICHEL, maire
-
Yves HERNOT, Sculpteur à Lannion
-
M. COLAS, recteur
En outre, deux autres inscriptions rapportées, l′une sur le socle au-dessous de l′inscription
commémorative initiale, l′autre sur la face antérieure du soubassement, évoquent le
souvenir de deux autres missions survenues en 1874 et 1914 à Coadout. Le socle présente en effet
l′incription MISSION 1874 et la face antérieure du soubassement l′inscription MISSION 1914.
Indépendamment de l′identité de son auteur, cette croix présente toutes les caractéristiques stylistiques
qui la rattachent à la catégorie des croix dites de « type Hernot ». A titre
d′exemple, Pierre Léon, sculpteur à Guingamp, bien implanté dans le secteur à
la même période, a conçu plusieurs exemplaires de la sorte.
Croix de « type Hernot » donc, cette croix monumentale en granite est composée d′un
soubassement en pierre de taille posé sur un emmarchement à deux degrés, d′un socle en forme
de quadrilobe et d′un fût monolithe écoté= émondé,
ébranché. Se dit des troncs dont les branches ont été coupées et dont il subsiste la partie
inférieure appelée écot. sommé d′une bague supportant une croix terminale.
Cette croix terminale, dont chaque extrémité accueille un décor végétal en forme de couronne
qui n′est pas sans évoquer des feuilles d′acanthes, est également pourvue d′écots.
La face antérieure est ornée d′un Christ en croix surmonté du titulusUn titulus
est une inscription apposée sur un support quelconque pendant l′Antiquité. Dans la religion chrétienne,
le titulus concerne les initiales INRI, en référence au texte latin « Iesus Nazarenus Rex Iudaeorum »
(Jésus le Nazaréen, roi des Juifs) que Ponce Pilate aurait fait mettre sur la Croix. (INRI). Traité
en ronde-bosseSe dit d′une oeuvre sculptée dont le volume correspond
au moins au trois-quart du volume réel d′un corps ou d′un objet, ou d′une sculpture réalisée en
trois dimensions., la tête inclinée à droite, les jambes fléchies et les pieds joints posés sur
le suppedaneumSupport fixé sur la croix pour soutenir les pieds du Christ.,
ce Christ en croix vêtu d′un pagnePièce de tissu ou en matière
végétale tressée, généralement de forme rectangulaire, avec laquelle une personne se recouvre les
hanches. Le pagne ceignant les reins du Christ adulte est appelé le perizonium. court accuse un léger
déhanchement.