Située au centre du cimetière jouxtant l′église paroissiale Notre-Dame, cette croix monumentale fut érigée en 1891 à l′initiative du maire J.-M. Illien et du conseil municipal de Grâces.
Si la signature de Pierre Léon, sculpteur bien implanté localement, ne figurait sur
la face antérieure du soubassement, elle pourrait être attribuée au sculpteur
lannionnais Yves Hernot, tant elle présente une étroite et saisissante parenté
de style avec la production de ce dernier.
A défaut de consulter la documentation
d′archives disponible 1,
un simple regard porté sur l′édiculeOeuvre architecturale ou construction autonome, de dimensions modestes et non habitable.
suffit à en retracer succinctement les origines. Outre la signature de l′auteur précédemment
relatée, la face antérieure du socle est en effet agrémentée de l′inscription
commémorative suivante :
ERIGEE PAR
J.M. ILLIEN
MAIRE
ET SON CONSEIL MUNICIPAL
1891.
La face latérale droite du socle mentionne, quant à elle, le nom du recteur desservant
à l′époque la paroisse de Grâces :
MR. PARANTHOËN,
RECTEUR.
Dressée sur un emmarchement à trois degrés, cette croix est constituée d′un
soubassement construit en moyen appareil de granite, d′un socle cubique en
kersantiteLa kersantite,
plus communément désignée sous le nom de « pierre de Kersanton »,
est une roche magmatique subvolcanique à granulométrie très fine, très
résistante au temps et aux intempéries. Elle provient du village de Kersanton, d′où
son appelation commune, situé dans la commune de Loperhet jouxtant la rade de Brest (Bretagne, 29).
et d′un haut fût monolithe en granite sommé d′une croix terminale sculptée dans le
même matériau que le socle.
Telle une colonne coiffée d′un chapiteau corinthien,
le fût écoté= émondé, ébranché. Se dit des troncs dont les branches ont été coupées et dont il subsiste la partie inférieure appelée écot.
est orné de treilles
et d′un phylactère en bas-reliefse dit d′une oeuvre sculptée dont le volume correspond à moins de la moitié du volume réel d′un corps ou d′un objet.
agrémenté de l′inscription votive latine suivante :
O CRUX AVE SPES UNICA *
[ * Salut, ô Croix, notre unique espérance ! ]
La croix terminale, dont chaque extrémité accueille un décor végétal en forme de couronne
qui n′est pas sans évoquer des feuilles d′acanthes, est également pourvue d′écots.
La face antérieure, placée normalement au droit de l′entrée du cimetière, est ornée
d′un Christ en croix en kersantite surmonté du titulusUn titulus est une inscription apposée sur un support
quelconque pendant l′Antiquité. Dans la religion chrétienne, le titulus concerne les initiales INRI, en référence
au texte latin « Iesus Nazarenus Rex Iudaeorum » (Jésus le Nazaréen, roi des Juifs) que Ponce Pilate aurait
fait mettre sur la Croix. (INRI). Traité en ronde-bosseSe dit d′une oeuvre sculptée dont le volume correspond au moins au trois-quart du volume réel
d′un corps ou d′un objet, ou d′une sculpture réalisée en trois dimensions.,
la tête inclinée à droite, les jambes fléchies et les pieds joints
posés sur le suppedaneumSupport fixé sur la croix pour soutenir les pieds du Christ.,
ce Christ en croix vêtu d′un pagnePièce de tissu ou en matière végétale tressée, généralement de forme rectangulaire, avec laquelle une personne se recouvre les hanches. Le pagne ceignant les reins du Christ adulte est appelé le perizonium.
court accuse un léger déhanchement.
1. Arch. dép. Côtes-d′Armor : 2 O 67/3, cimetière, travaux : construction des murs et d′une croix neuve (1865, 1891).